ACI75, les ateliers et chantiers d’insertion à Paris


 Gérard, aide-encadrant

Dans quelques semaines, Gérard, 46 ans, signera un CDI avec l’association Aurore. C’est l’aboutissement d’un parcours exemplaire débuté fin 2003 sur le chantier d’insertion de l’association (bâtiment second œuvre).

Gérard vit dans la rue depuis plusieurs années lorsqu’il est orienté vers l’association Aurore par les bénévoles du Secours Catholique qui font des maraudes la nuit auprès des SDF. Il est alors suivi par une assistante sociale de l’association, qui l’incite à faire une demande de RMI ; pour lui qui « ne [veut] alors plus rien de la société », c’est une première étape de franchie. Persévérante - elle va même jusqu’à le chercher sous les ponts de Paris lorsqu’il ne vient plus aux rendez-vous fixés ! -, elle lui propose ensuite de travailler sur le chantier d’insertion de l’association. C’est un véritable défi pour Gérard qui a un important problème d’alcool.

Le premier jour est difficile : « j’ai travaillé le matin. L’après-midi, je suis retourné dans la rue, car le foyer d’urgence où l’association m’avait trouvé une place n’ouvrait qu’à 19h, et j’ai bu. » Mais Gérard prend conscience que c’est sa dernière chance : « le lendemain, je suis allé voir mon chef et je lui ai demandé de rester sur le chantier l’après-midi pour pouvoir travailler et regarder puisque je n’y connaissais rien. Il m’a dit : pas de problème. J’avais besoin de ça, il fallait que je m’occupe pendant l’après-midi ». Il arrête de boire et se consacre entièrement à son travail.

Gérard est bien entouré sur le chantier. L’encadrant technique le prend sous son aile et constitue un relais efficace avec les assistantes sociales de l’association. Gérard est épaulé par un autre salarié, qui connaît bien la peinture et lui montre les gestes du métier, complétant l’enseignement de l’encadrant. Se crée également une dynamique de groupe, chacun des salariés en insertion partageant la même envie de s’en sortir.

Aujourd’hui, Gérard travaille à temps complet ; reconnu pour ses compétences et son sérieux, il est devenu aide-encadrant et transmet aux salariés en insertion le savoir qu’il a acquis. Il est hébergé dans un foyer de la Sonacotra et a reçu une réponse positive pour bénéficier d’un logement HLM. Il a ainsi renoué avec une « vie normale », semblable à celle qu’il avait connue dans le passé. Boucher-charcutier dans le Nord de la France, Gérard a en effet travaillé pendant près de 20 ans, avant de se retrouver à la rue suite à des problèmes personnels.

Légitimement fier de son parcours, Gérard aborde désormais l’avenir sereinement et avec confiance. Son prochain objectif est d’obtenir le CAP de peintre en bâtiment soit en passant l’examen, soit en bénéficiant du dispositif de la validation des acquis de l’expérience.


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