Les porteurs de projet ne peuvent pas faire l’économie des questions suivantes :
Quelles valeurs sous-tendent notre action ?
Quelle est notre conception de l’utilité sociale ?
Comment considérons-nous les personnes qui seront recrutées pour notre chantier ?
Quel est notre positionnement face au système économique ?
Quelles propositions d’insertion professionnelle pouvons-nous faire aux salariés à la fin de l’ACI ?
En effet, bien que potentiellement situé dans le champ économique, l’ACI n’est pas une activité rentable qui se suffirait à elle-même. Les salariés en insertion ne peuvent être assimilés simplement à de la « main d’œuvre ». Les encadrants ne sauraient se réduire à la technique pure. La notion de « client » peut recouvrir des réalités très différentes de celles couramment admises.
Ainsi, c’est bien d’une vision solidaire de l’économie qu’il s’agit, car il n’est plus possible de prendre comme référence les concepts usuels de l’entreprise classique (productivité, rentabilité, performance, compétitivité...) et l’attitude charitable n’est point suffisante pour réaliser l’objectif d’insertion et de renforcement des compétences des personnes. Mélange de technicité, de lien social et de contrat moral, la réussite d’un chantier d’insertion dépend en grande partie d’une véritable volonté chez le porteur de projet et du réseau de partenaires qu’il est susceptible de mobiliser.
Chaque structure porteuse est invitée, à travers cette expérience, à un métissage entre les finalités liées à son propre champ d’activité (éducation populaire, action sociale, développement local, prévention, diffusion de la culture, sauvegarde de l’artisanat, mise en valeur du patrimoine...) et celles de l’insertion par l’économique (autonomisation, droit social au travail, professionnalisation, cohésion et lien social...).