L'association Laser existe depuis une vingtaine d'années et a lancé en 2007 son premier chantier d'insertion « secteur de l'audiovisuel et du multimédia ». Cette structure dispense depuis longtemps des formations autour des métiers du spectacle vivant. C'est pourquoi elle s'est lancée dans ce secteur plutôt rare au sein des ateliers et chantiers d'insertion.
Liée au milieu du spectacle vivant par des rapports étroits avec deux salles du quartier, le Vingtième Théâtre et le Théâtre Clavel, elle souhaite avec ce nouveau chantier former des « assistants en technologies numériques ». L'activité a démarré en octobre 2007, avec 16 salariés aux profils très différents.
Âgés de 20 à 53 ans, certains étaient artistes au RMI, d'autres sans le bac ou encore avec une maîtrise d'art. Le chantier s'adresse à un public qui maîtrise le français à l'écrit comme à l'oral, et connaît déjà l'environnement numérique.
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ORIGINALITE, ATOUT
« L'objectif n'est pas de développer la fibre artistique, mais de remettre à flots et de professionnaliser les salariés pour en faire de bons techniciens. » détaille Sylvain Soufflet.
Le chantier insiste sur l'indispensable travail de veille technologique que doivent effectuer les participants.
S'informer constamment des dernières évolutions du matériel ou des logiciels et des nouveaux formats est nécessaire afin de ne pas être dépassé par le bouleversement numérique en cours.
Les débouchés de ce chantier sont multiples : tous les métiers liés au traitement du signal numérique (image, son...), la maintenance d'installations ou encore l'événementiel. |
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Activité, vie quotidienne
Encadrés par trois formateurs (informatique, son, éclairage), les salariés suivent trois sessions de formation de trois semaines chacune, réparties sur les 10 mois du chantier. « Ils apprennent les fondamentaux : le traitement son et image de l’analogique au numérique, de la captation à la restitution. Avec la convergence des technologies, le champ est très large. » explique Sylvain Soufflet, le responsable.
Chaque lundi, le point est fait sur les trois projets auxquels participent les salariés. Le premier concerne la réalisation d’un DVD interactif consacré à l’association du XVIIIè arrondissement Tizi-Hibel, qui regroupe 300 familles immigrées en France, issues de ce village de Kabylie. Recueil de témoignages, travail d’écriture, d’indexation de documents, relevés de timecodes... les six salariés ont en charge toute la conception de A à Z.
Le second projet est aussi un DVD, présentant les activités du Vingtième Théâtre, sur lequel travaillent cinq salariés à tour de rôle.
Enfin, les autres salariés travaillent sur un projet de film sur les jardins partagés des XVIIIè et XIXè arrondissements, avec le soutien de la mairie du XVIIIè.
Polyvalents, les salariés participent à toutes les étapes de la création d’un film : tournage, dérushage, montage, habillage...
Fin décembre, les salariés seront évalués sur la réalisation d’un portrait vidéo de 3 minutes, tandis qu’un contrat d’objectif sera fixé pour chacun ; des évaluations théoriques en son, électricité et multimédia sont également prévues. Avec en ligne de mire, la présentation des trois projets en mai 2008 à leurs commanditaires et partenaires.