ACI75, les ateliers et chantiers d’insertion à Paris

Emmaüs Défi
RÉCUPÉRATION
VENTE

De la récupération à la vente
Conjuguer les dispositifs d'hébergement et l'insertion économique

On ne présente plus la communauté Emmaüs, fondée par l'Abbé Pierre en 1953. Son chantier d'insertion parisien, Emmaüs Défi, a été créé suite à la crise du Canal Saint-Martin, qui avait vu les Enfants de Don Quichotte installer fin 2006 des sans domiciles fixes dans des tentes sur les quais. Cet épisode avait posé de façon très médiatique la question du logement. Un problème qu'Emmaüs ne considère pas distinct de celui du travail. En effet, face à la grande exclusion, la première réponse tourne bien souvent autour de l'hébergement d'urgence et de l'accompagnement médical et social. Emmaüs Défi compte replacer le travail à l'origine du processus d'insertion.
Ce chantier créé en mars 2007 s'adresse donc à certains « anciens du Canal », des personnes vivant dans la rue, logées dans des centres d'hébergement d'urgence ou des centres d'hébergement et de réinsertion sociale. Il épaule les communautés Emmaüs franciliennes, confrontées à une forte demande en matière de récupération.
Ayant démarré son activité en mai 2007 avec deux salariés et deux encadrants, le chantier compte aujourd'hui une trentaine de salariés.

ORIGINALITE, ATOUT

Ce chantier permet aux salariés d'acquérir progressivement différentes compétences. Le travail en équipe implique le respect des autres et de la ponctualité, tout en responsabilisant chacun. Les différents postes permettent un contact avec le public, lors des prises de rendez-vous, lors de la collecte ou de la vente.
À l'issue du chantier, les salariés peuvent envisager une orientation vers des métiers tels que chauffeur-livreur, vendeur, technicien en centre de tri, ou encore standardiste en centre d'appel.
A terme, Emmaüs Défi pourrait ouvrir un Centre d'accompagnement à la vie active et une entreprise d'insertion.

Activité, vie quotidienne

Emmaüs Défi dispose d’un site logistique à Saint-Denis, au centre GDF Landy, d’où partent sept camions de 10 et 20 m3. Le travail principal des salariés est de collecter auprès d’entreprises et de particuliers du mobilier, divers objets et des déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E). Une bonne condition physique est donc exigée.

Après la collecte s’effectuent le tri, puis la réparation nécessaire, en vue de la vente. A cet effet, Emmaüs Défi a ouvert un lieu de vente de 600 m2 (et 400 m2 de stockage) boulevard Jourdan à Paris. Les salariés travaillent en deux équipes, soit le matin soit l’après-midi, du mardi au samedi. Ils sont encadrés par trois personnes. Les six premiers mois du chantier sont une période de stabilisation pour les salariés, avant d’évoquer leur projet professionnel.

Chaque salarié est suivi individuellement et appuyé dans ses démarches administratives ; trois entretiens permettent de faire le point sur l’évolution de chacun. Emmaüs Défi a choisi d’agir dans la durée, puisque après ce premier contrat aidé, les salariés travaillent un second semestre avec un contrat de 35 heures hebdomadaires. La deuxième année du chantier permet de développer ce projet avant l’entrée dans le monde du travail plus « classique ».

En images

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