ACI75, les ateliers et chantiers d’insertion à Paris


 Des chantiers d’insertion pour les artistes

A Paris, les allocataires du RMI « artistes » sont environ 8000, soit 14% de l’ensemble des allocataires du RMI. Ce nombre, qui se base sur des déclarations, regroupe des professionnels, mais aussi des personnes qui n’ont pas de formation ni d’expérience professionnelle artistique. Dans un contexte de crise des secteurs de l’art et de la culture et suite à la modification récente du régime des intermittents du spectacle, l’accès à l’emploi de ces allocataires du RMI est particulièrement difficile. Cependant, certains ateliers et chantiers d’insertion s’adressent spécifiquement à ce public. Que proposent-ils ? Quelle insertion ou réinsertion professionnelle visent-ils ?

En 2004, Actemploi, association intermédiaire qui favorise l’accès à l’emploi dans les secteurs artistiques et culturels, a conduit un chantier d’insertion avec une trentaine d’anciens intermittents du spectacle. A travers la création d’un spectacle vivant, « Viva Verdi » d’Eduardo Manet, Actemploi vise la mise à jour des compétences et la réinsertion professionnelle des personnes dans leur spécialisation artistique (chant, comédie...) ou technique (maquilleur, technicien du son...). Pour cela, l’association s’appuie sur des intervenants professionnels, avec qui les salariés en insertion peuvent employer le jargon du métier, se tisser un réseau de relations... Le chantier d’insertion insiste également sur les possibilités d’emploi dans la mouvance de l’art : « L’idée, c’est de les faire travailler non seulement sur le spectacle vivant, la représentation, mais aussi sur les emplois périphériques, c’est-à-dire (...) amener le théâtre à l’école ou dans une maison de retraite ». A l’issue du chantier d’insertion, avec la diffusion de Viva Verdi dans des théâtres de Paris et de province, l’objectif est de permettre aux artistes et aux techniciens de renouer avec le régime des intermittents du spectacle, en accumulant le nombre d’heures et de cachets nécessaires.

Autre exemple, l’association des Amis de la Croix Saint-Simon mène un chantier d’insertion qui a pour objet la création d’un studio d’enregistrement. Ce chantier d’insertion répond à une demande des jeunes du quartier de Saint-Blaise (20ème arrondissement) et c’est donc sans se vouloir « spécialiste » que l’association intervient dans le champ artistique et culturel. L’activité mobilise 15 salariés en insertion, dont 12 jeunes de 18 à 25 ans et 3 artistes au RMI, publics pour lesquels les objectifs fixés sont différents. Pour les jeunes, passionnés de musique, la création d’un studio d’enregistrement est un outil de remobilisation, un support à l’élaboration d’un projet de retour au lycée ou en formation qualifiante. Vis-à-vis des artistes, le chantier d’insertion tente de promouvoir la pluri-activité, c’est-à-dire l’association de l’activité artistique et d’une autre activité, à temps partiel ou en intérim, générant des revenus complémentaires.


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